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Les Transmusicales de Rennes ont eu la bonne idée de convier Andrea Lazlo de Simone a ouvrir sa nouvelle édition. Deux concerts gracieux pour un artiste indispensable.

Andrea Lazlo de Simone est un artiste comme on n’en fait pas assez. Avant toute chose, il est italien et chante dans la langue de Dante et d’Adriano Celentano. Malgré sa moustache toute proche de Franck Zappa, il n’y a aucune pose, aucune posture dans son travail. En près de dix ans de carrière, son premier disque autoproduit paraît en 2012, il s’est peu à peu fait connaître et fait aimer. Il offre une musique pop, majestueuse, orchestrale, douce et furieusement vibrante. Ses autres disques, Uomo Donna en 2017 et son EP Immensità en 2019 sont des rêves musicaux, voyages éveillés dans le casque qui vous hérissent les poils et vous emmènent loin, loin. Andrea Laszlo de Simone ne fait pas des chansons, il fait des paysages. Sa voix toujours chantée dans un micro atténuateur, donne l’impression d’être psalmodiée depuis les limbes d’un temps, les limbes d’une âme que sa musique transmet et offre à qui veut l’embrasser. Ses chansons décrivent l’amour, la vie, les baisers. Sogno l’amore, La Guerra dei baci, étaient certains des titres de sont album Uomo, Donna. Sa poésie devient plus symboliste avec son EP Immensità et ses titres, Mistero, ou La nostra fine. Une poésie chantée qui regarde la vie, l’amour, la mort, la paternité. Vieux pots dites-vous ? Point de répétition quand la sincérité est si grande.

Lorsque Andrea Laszlo de Simone entre sur la scène du TNB, il arrive après l’ouverture de Brieg Guerveno, artiste français bretonnant qui offre un rock progressif en breton avec une puissance inattendue. La salle comble pour l’arrivée du turinois montre qu’il est parvenu à fidéliser un public français qui surveille ses rares apparitions hors d’Italie. Douze musiciens sur scène, habituel quator guitare guitare basse batterie augmenté par des cuivres, des cordes, des claviers de tous ordres et des choristes. L’italien vient d’abord pour reproduire ses chansons en faisant de la musique. Tout est joué en direct. L’impression que cela n’arrive plus si fréquemment dès que les orchestrations sont ambitieuses. Son concert est d’abord un hommage à la musique et à la joie communicative entre toute la troupe dont le public ressent les effets salvateurs. Une heure trente de concert exceptionnel où tout progresse vers plusieurs minutes d’applaudissements debout de la part d’un public ravi, conquis, ému aux larmes par la sincérité et la poésie d’Andréa Laszlo de Simone. En mars 2021, alors que le monde est encore aux prises avec un étrange virus, avec des confinements, des couvre-feux, Andrea publie une chanson salvatrice dont les premiers mots sont une invitation : « Vivo ».



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Christophe Berurier

Christophe Berurier est professeur. Il aime les mots et le vélo.

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