En pointe dans le combat contre le gaspillage alimentaire, Arash Derambarsh, 36 ans, conseiller municipal de Courbevoie, fait parfois l’objet d’articles malveillants et uniquement à charge.

 

Automne 2012 : fidèle à mon habitude, je ne décroche pas lorsqu’un numéro que je ne connais pas s’affiche sur mon téléphone. Quelques minutes après, je consulte le message vocal : « Bonsoir, je suis Arash Derambarsh, j’ai enfin eu votre numéro pour discuter avec vous, pouvez-vous me rappeler ? ». Ne comprenant pas, je l’avoue, l’identité de mon interlocuteur, je le rappelle et il décroche, plein d’enthousiasme. Mon article lui a beaucoup plu, il en a adoré le style : rendez-vous est pris dans un café proche des éditions du Cherche-Midi pour discuter.

Écrivant depuis peu de manière régulière dans des médias d’opinion, je n’avais absolument pas l’habitude de ces rencontres. Alors, je suis allé à ce rendez-vous, et ce fut un excellent moment. Nous avions parlé littérature, politique, et beaucoup du PSG. Il m’a redit tout le bien qu’il pensait de mes quelques articles, et m’a conseillé de créer mon propre média, ce que j’ai fait un an après … Nous nous sommes ainsi revus plusieurs fois, pour le plaisir, sans même parler boulot.

Il est vrai que depuis plusieurs mois, nous ne nous donnions plus beaucoup de nouvelles : bien occupé par sa campagne contre le gaspillage, le jeune élu semblait être sur beaucoup de fronts à la fois.

Quand les Inrocks se décrédibilisent

Son clash avec Yann Moix dans On est pas couché le 12 novembre dernier m’avait mis la puce à l’oreille. Le chroniqueur de Ruquier, comme avec Onfray, semblait avoir une vieille rancœur envers Arash : mais ce dernier m’assurera par la suite qu’ils ne s’étaient jamais parlé. Lorsque j’ai vu l’hystérie des quelques critiques commencer à pleuvoir sur lui, j’ai commencé à comprendre qu’une malveillance assez malsaine s’emparait de certains de ses contradicteurs, et cela a culminé dans le dossier faussement subversif que Les Inrocks lui ont consacré le 8 avril dernier. Des pages et des pages sur un conseiller municipal engagé pour une cause … Même un terroriste n’a jamais eu le droit à une telle enquête !

Ne riez pas, oui, Les Inrocks sont bien allés jusqu’à retrouver d’anciens camarades pour narrer ce haut fait de politique nationale !

Intrigué, je lis un papier où le ton hautain de cette journaliste qui pense dénicher son futur Watergate se mêle à de bien étranges méthodes pour étoffer son enquête. Je n’ai pourtant pas fait d’études de journalisme, mais je pensais qu’un travail pareil nécessitait d’être à charge et à décharge : on comprend très vite qu’il s’agit de se faire l’intéressé. Un tweet de soutien à Arash en plein cœur de la tempête m’a de suite valu un torrent d’insultes : il ne m’en fallut pas davantage pour tenter d’y voir plus clair par mes propres soins.

Que voulez-vous, lorsque quelqu’un que j’apprécie est attaqué, je n’aime pas hurler avec la meute. Dès les premières lignes, nous apprenons qu’Arash aurait refusé la demande d’interview et se serait montré véhément à l’égard des journalistes. Lorsque je le rencontre autour d’un café suite à cette polémique, il me montre plusieurs échanges de mails au cours desquels il répond aux différentes questions. Bien évidemment, rien ne sera repris dans l’article. Ensuite, de bien curieux témoins – anonymes, cela va de soi – racontent une prétendue défaite pour une élection de … délégué de classe à laquelle il n’avait même pas été candidat. Ne riez pas, oui, Les Inrocks sont bien allés jusqu’à retrouver d’anciens camarades pour narrer ce haut fait de politique nationale !

Arash, cible facile de la presse de gauche

A la lecture de l’échange de mails entre les journalistes des Inrocks et l’élu de Courbevoie, il faut être honnête : ce dernier fournit tous les éléments. Concernant les différentes plaintes (pourtant toutes classées sans suite au bout de seulement deux semaines), Arash répond de manière limpide qu’il condamne les attaques et donne plusieurs détails. Comme de bien entendu, aucune mention de ces précieuses indications. La parole n’est donnée qu’à l’accusation. Curieux, je lui en demande plus sur ces affaires.

Combien de personnalités passent à la télévision bien plus que lui pour promouvoir une association et, en fin d’interview, rappeler les dates de son concert ou le titre de son prochain film ?

Alors, il me montre d’autres échanges de mails avec différents interlocuteurs et c’est un fait : chaque personne à qui il refuse une entrevue, une publication ou un « coup de main » finit par répandre son fiel dans la presse. Et les journalistes, toujours en mal de sensations fortes, mettent ensuite ces personnes dans la lumière sans même prendre le temps de confronter les points de vue. Degré zéro ?

Enfin, il est franchement ridicule de le clouer au pilori pour sa « voracité médiatique ». Combien de personnalités passent à la télévision bien plus que lui pour promouvoir une association et, en fin d’interview, rappeler les dates de son concert ou le titre de son prochain film ? Ce n’est pas sérieux. Et quand bien même ! Si ses passages médiatiques ont permis de distribuer à manger aux gens, la finalité n’est-elle pas là ?

Les lobbys à la manœuvre ?

Je le concède : il peut irriter. Docteur en droit, élève avocat, éditeur renommé et maintenant homme politique, il n’en faut hélas pas davantage pour que les différents lobbys, associatifs désireux de conserver leur monopole et autres élus qui aiment leur petite tambouille se mettent en marche pour faire barrage à l’ambitieux.

Forcément, un élu de droite qui fait du social et, surtout, sans ruiner les comptes de sa municipalité, génère des jalousies. Son livre, préfacé par Jean-Jacques Eledjam (président de la Croix-Rouge française) et postfacé par Stéphanie Rivoal (président d’Action contre la faim), dont les droits d’auteur seront reversés à la Croix-Rouge, ne lui rapportera pas un centime. Où se situe le problème ? J’avoue que je ne parviens pas à comprendre. Lors de notre dernier rendez-vous, je le sens encore plus motivé. Non pas à ferrailler contre ses contempteurs (je crois, sincèrement, que cela lui passe au-dessus), mais à aller plus loin.

Je le concède : il peut irriter. Docteur en droit, élève avocat, éditeur renommé et maintenant homme politique, il n’en faut hélas pas davantage pour que les différents lobbys, associatifs désireux de conserver leur monopole et autres élus qui aiment leur petite tambouille se mettent en marche pour faire barrage à l’ambitieux. Je sais bien qu’un tel article me vaudra une enquête de la part d’un magazine d’information, hautement intellectuel et intrépide, qui ne reculera devant rien pour trouver des traces de mes deux seules heures de colle reçues en troisième. Il se murmure d’ailleurs qu’un surveillant anonyme qui a depuis changé de pays et d’identité aurait accepté d’apporter un témoignage bouleversant.

Je tiens seulement à préciser qu’à aucun moment Arash ne m’a demandé de rédiger quoi que ce soit et j’ai écrit suffisamment de mal sur d’autres personnes bien plus influentes pour que l’on me suspecte de déférence. Ma liberté de ton est, je pense, connue. J’assume simplement mon amitié à son égard ainsi qu’une valeur qui, il est vrai, n’est plus tellement répandue de nos jours : le respect.

Pour en savoir plus :

Interventions médias d’Arash : http://www.arashderambarsh.fr/

Arash Derambarsh, l’hyperactiviste contre la gaspillage alimentaireA lire dans Le Monde

Arash Derambarsh en guerre contre le gaspillageA lire dans Paris Match

Quand Les Inrocks et Libération se discréditent sur Arash Derambarsh – A lire sur Mediateranee

The Guardian : Man who forced French supermarkets to donate food wants to take law global

 

 

 

mm

Julien Leclercq

Fondateur du Nouveau Cénacle et pur produit d'une époque qu'il critique inlassablement.