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« Ma décision, elle est de quitter le club ». 

Dimanche dernier, sur le plateau des trophées UNFP de Canal +, Carlo Ancelotti n’a surpris personne, mais en a déçu plus d’un. Sourcil levé, cravate impeccable et brushing soigné, l’entraîneur transalpin n’a fait que confirmer la rumeur autour de son départ du PSG pour le Real Madrid, club qu’il rêvait de rejoindre déjà en tant que joueur.

Le discours et la méthode Ancelotti

Arrivé en décembre 2011 à la place d’un Antoine Kombouaré qui n’avait pourtant pas démérité, Carletto est arrivé au Camp des Loges avec son staff et ses méthodes : des GPS pour quantifier les efforts fournis par les joueurs, des entraînements raccourcis mais plus intenses, une prise en charge de la nutrition des joueurs : de quoi évidemment envoyer Matthieu Bodmer traîner sa bouée dans le Forez au bout d’un an de points de côté. Tactiquement, Carlo a transformé le PSG en forteresse imprenable en bâtissant une défense presque imperméable surtout depuis l’arrivée du monstre Thiago Silva. Sa méthode s’appuie sur deux piliers, égrenés tout au long de la saison en conférence de presse : l’intensité et la continuité.

Mais durant ces fameuses questions / réponses avec les journalistes, Ancelotti n’a cessé de vanter les mérites du « projet parisien », ajoutant qu’il n’aimait pas changer de club et souhaitait s’investir sur la durée. Cela n’avait rien d’un discours de façade. Carlo est réglo, un des derniers seigneurs du foot qui respecte ses engagements et met un point d’honneur à respecter ses contrats. Hélas. 

Ancelotti est un traître. Un traître ordinaire, comme il en existe dans toutes les sphères professionnelles. Il va au plus offrant, au plus clinquant, au plus réputé. C’est un ultralibéral qui tient plus de Mario Monti que d’Arrigo Sacchi. Lui qui se vantait d’avoir touché un gros chèque suite à son départ de Chelsea s’est de nouveau rempli les poches à Paris alors qu’il convoitait la place de Mourinho en secret.

Qui regrettera Ancelotti ?

Lors de son arrivée, il a immédiatement mis en place son « Sapin de Noël », c’est à dire quatre défenseurs, trois milieux de terrain, deux ailiers qui attaquent la profondeur et permutent et enfin une pointe. Quelques mois après, il décide de jouer sans avant-centre (enfin, Guillaume Hoarau en est-il un ?) pour laisser la triplette Nene / Menez / Pastore affoler les défenses adverses.

Rebelote lors de l’exercice 2012 / 2013. Carlo abandonne une nouvelle fois son 4 / 3 / 3 pour un 4 / 4 / 2 avec Pastore milieu gauche et deux récupérateurs fougueux, Matuidi et Verratti. Bien qu’il s’obstine à faire jouer Christophe Jallet, les résultats sont au rendez-vous en championnat car le PSG finit champion de France. Mais quid des résultats en 2012 et 2013 compte-tenu des investissements ? Quid du jeu produit durant un an et six mois ? Un quart de finale perdu face au Barça, des échecs lamentables en coupe de France, une place de deuxième derrière Montpellier en 2012. Un système essentiellement basé sur le contre, donc peu séduisant.

Ancelotti est un excellent DRH, mais tout sauf un grand tacticien. De surcroît, avec sa mine triste et sa voix suave, il sait mettre un public avec lui et est capable de gérer un vestiaire de stars. Ce n’est pas rien, certes. Seulement son départ du PSG montre qui est véritablement cet homme : un hypocrite. Un capitaliste forcené. Un lâche agitant l’écharpe du PSG alors qu’il a l’esprit à Madrid depuis six mois, estimant naïvement que les dirigeants de la Casa Blanca seront plus conciliants à son égard si le Real ne joue plus qu’en contre, si le Real se cherche tactiquement pendant un semestre, si le Real déjoue face aux petites équipes à cause d’un coach incapable de motiver ses troupes.

Julien de Rubempré

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Julien Leclercq

Fondateur du Nouveau Cénacle et auteur de "Catholique débutant" paru aux éditions Tallandier.