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Cette semaine, Rémi n’a jamais été aussi peu Français.

Semaine du 6 au 10 octobre

Lundi

Rien à signaler.

Mardi

Nous accueillons de nouveaux arrivants au sein de la grande famille des expatriés. Des Américains, nous nous rendons donc dans un restaurant de grand standing.

La blancheur de tous les convives impressionne, les prix aussi. Ils restent néanmoins abordables pour l’Occidental moyen. Nous sommes plus d’une dizaine à la tablée, parlant en vrac des Matatus, de South Park et de Gone Girl.

Le vin, australien, coule à flot, et nous finissons la nuit au Gipsy’s, night club à la mode de Nairobi.

Mercredi

Je dois me rendre dans un hôtel pour une réunion de travail. Je demande mon chemin à un homme qui tient une petite échoppe dans les alentours de Westlands. Il faut savoir que lorsque je vis dans un pays anglophone, j’ai une tendance à prendre l’accent du pays en question, Kényan. Nous discutons le bout de gras, et quand je pars finalement pour ma destination finale, il me demande si je suis Sud-Africain. Je lui répond par un acquiescement silencieux.

Jeudi

Discussion avec un Anglais sur les hauteurs de Longonot. Un jour de repos me permet de goûter les joies de la randonnée.

« Vous êtes d’Afrique de l’Ouest ?»

Je tente l’estocade. On ne sait jamais. « Oui, mon père est togolais, ma mère bourguignonne.»

« Ah oui ce n’est pas banal », me répond-il d’un ton enjoué.

Vendredi

Je déjeune dans le grand centre commercial Junction, sur Ngong Road. J’observe un groupe de jeunes femmes blanches qui discutent, en anglais, vissées sur leurs smartphones, s’échangeant des photos. Il semblerait que l’une d’elle prépare son mariage. Je suis assez près pour remarquer que les images concernent principalement la robe et la vaisselle. Rien ne semble avoir été laissé au hasard.

Lorsque je repars chez moi, en bus, j’observe le même manège sur le bord de la route. Un demi-douzaine de Kényanes débattent joyeusement en swahili, assises sur l’herbe. Sans technologie, mais avec toute la verve que peut offrir un après-midi ensoleillé. Je n’ai aucune idée du sujet, mais ça semble tout aussi important que le mariage de tout à l’heure.

Décidément, les femmes sont toutes les mêmes : elles adorent discuter. Certaines choses ne changent jamais. C’est rassurant, eu égard aux bouleversements de ce monde.

Rémi Loriov

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Rémi Loriov

Rémi Loriov est un homme libre qui s'intéresse à tout. On dit souvent à son propos : "personne ne sait ce qu'il fait, mais il le fait très bien." Il aime les histoires.