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Cette semaine, Rémi redevient français, et croise des pipoles en soirée.

Semaine du 20 au 24 octobre

Lundi

Aujourd’hui est un jour férié, nous fêtons l’indépendance du Kenya. J’en profite pour passer un peu de temps dans mon lit. Vers 10:00, je m’extraie doucement de ma chambre pour préparer le café. Quelques minutes plus tard, on sonne à la porte. La femme de ménage ne passant pas le lundi, je m’interroge.

J’ouvre et me trouve nez à nez avec la voisine, une américaine, qui souhaite m’inviter à une escapade groupée avec son groupe d’amis pour son anniversaire. J’accueille la proposition avec enthousiasme.

Vers midi, nous partons donc en van pour un peu plus d’une heure de route. Arrivés à destination, nous nous retrouvons devant une pancarte gravée à même la roche : Olepolos Country Club.

Nous passons la journée là-bas. Le site est magnifique, la vue sur la vallée, le calme, l’absence de civilisation alentour sont reposants.

Lorsque nous repartons, vers 21h, tout le monde dort dans le van, malgré les soubresauts continus dus à une route en piteux état.

Mardi

Je déjeune avec les collègues. Lorsqu’il s’agit de régler l’addition, je vois l’un d’eux sortir son téléphone portable pour payer.

Je me rends compte qu’il est possible de régler ses achats ainsi via une application : M-PESA. Un simple sms avec le montant permet ainsi de payer l’addition.

Malheureusement, nous ne pouvons pas vraiment manger en paix en raison de l’instabilité de la table. Mais pour le collègue, « la table danse. »

Mercredi

Pour la énième fois, la discussion avec le kényan bute sur ma nationalité. On ne veut décidément pas admettre que je sois Français. En effet, pour ce dernier, le Français est d’abord un Blanc. On en vient ensuite à évoquer mon lieu de naissance, Paris. Cela provoque un certain étonnement. Ils s’attendaient à un endroit sans doute un peu plus exotique. Il est ainsi utile pour moi de leur expliquer ce qu’est pour moi un Français. Je ne peux passer outre l’histoire du pays, en passant par la colonisation des Antilles, leur rappelant que les Guadeloupéens sont Français depuis plus longtemps que les Corses, soulignant la pertinence limitée de la couleur de peau.

Cependant, je sais bien que toutes mes explications ne pèsent pas grand-chose face aux schémas de pensée gravés dans les esprits. On croit toujours ce qui nous arrange.

Jeudi

Nous nous rendons dans un restaurant indien, le Chowpati. A l’issue du repas, nous décidons de poursuivre la soirée dans un club. Au hasard des rues, nous nous retrouvons dans un club uniquement peuplé par des Indiens. Une sorte de Pink Paradise du pauvre. Nous jouons au billard un court instant, et quittons l’endroit.

Vendredi

Au Brew bistro, je croise l’ambassadeur de France. Nous nous serrons la main et échangeons quelques paroles dans une musique assourdissante.

Je me rends compte que je ne l’ai jamais vu en costume cravate.

Rémi Loriov

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Rémi Loriov

Rémi Loriov est un homme libre qui s'intéresse à tout. On dit souvent à son propos : "personne ne sait ce qu'il fait, mais il le fait très bien." Il aime les histoires.