(ATTENTION: Certaines images peuvent choquer les personnes les plus sensibles. Nous ne soutenons en aucun cas les idéologies mises en avant par ces photographies, et ne les publions ici que dans un souci d’information et de recherche de la vérité.)

Alors que la Crimée vient officiellement de déclarer son indépendance vis-à-vis de Kiev, rétablissons quelques vérités: 

Oui c’est illégal, c’est d’ailleurs le principe même d’une déclaration d’indépendance(Rappelons que les Britanniques avaient déclaré illégale la déclaration d’indépendance des Treize Colonies du 4 Juillet 1776, qui deviendront quelques années plus tard les États-Unis d’Amérique au prix d’une guerre lourde de conséquences pour le monde entier).

Il règne d’autre part une grande incohérence dans les discours occidentaux. M. Obama parle du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, thème cher aux États-Unis (formalisé depuis les quatorze points de Wilson en 1918), mais n’est-il pas en train de se contredire ?
Que dire d’une Crimée qui de fait réclame son droit à disposer d’elle-même ? Que nous sachions, il est évident que l’intervention russe a catalysé les tensions, mais la destitution de Ianoukovitch en a été l’élément déclencheur. Poutine n’a de fait pas officiellement annexé la Crimée, encore que ce terme rappelle d’autres souvenirs. Elle a « déclaré son indépendance » vis-à-vis du nouveau pouvoir en place, et non son rattachement à la Fédération de Russie. 

Si celle-ci approuve largement le référendum de dimanche, le doute ne sera plus possible puisque le peuple se sera prononcé. Mais comme le disait Giscard: « le référendum c’est bien à condition que la réponse soit ‘oui’« . En extrapolant à peine, la démocratie n’est pertinente que lorsqu’elle sert uniquement nos propres intérêts.

Venons en désormais à ce pouvoir ukrainien. Il est effarant de constater avec quelle facilité le monde occidental dans son ensemble fait preuve de complaisance vis-à-vis d’un gouvernement qui, de fait, est un gouvernement qui a participé du renversement d’un Président élu: que l’on apprécie ou non Ianoukovitch, il restait un président élu jusque Février 2015 ! Celui-ci avait certes modifié la Constitution en 2010 à son avantage, mais tel est le prix du vote : les promesses n’engagent sans doute que ceux qui les croient.

L’ironie est accablante: ce gouvernement prétend que la Crimée se met hors la loi, mais que diable un peu de bon sens: quand un bandit tue un autre bandit, est-ce que cela fait de lui un innocent?

L’idéologie est tellement aveuglante, qu’elle fait oublier à nos chefs d’États qu’il y a quatre ans, au moment de l’élection de Ianoukovitch, l’Occident, et tout particulièrement l’OTAN et l’UE, le « félicitait chaleureusement » pour sa victoire « démocratique ».  

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Pourquoi un tel retournement de veste ? Pourquoi une si grande complaisance ? N’a-t-on pas ici une preuve, parmi tant d’autres, de l’incapacité européenne, et pire occidentale, de se renseigner sur la réalité concrète des pays voisins ; des pays de l’Est, historiquement liés à la Russie. Réalité qui aurait pu prévenir cette crise ou qui du moins aurait pu atténuer la tension si vive qui y règne aujourd’hui. 

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On peut se poser une autre question : si M. Ianoukovitch était si peu fréquentable, pourquoi une telle complicité? Si le but était de faire réagir les Russes, nous sommes en train d’en payer le prix… fort. (Et il ne s’agit pas là de gaz ou de pétrole, mais bien de relations diplomatiques globales)

Michel Rocard soulignait très bien à ce propos que l’Occident a humilié la Russie, au sortir de la guerre froide, « comme jamais« , en maintenant l’OTAN (qui était l’arme offensive contre le Pacte de Varsovie, lui-même dissout en 1991), et que cette humiliation, nous « étions en train de la payer avec la situation en Ukraine » (BFMTV). Interrogeons-nous sur le peu de parole qui est accordée à un ancien premier ministre, qui visiblement tient un discours beaucoup plus nuancé que les prétendus spécialistes de divers médias versant dans le politiquement correct.

Après quelques recherches on découvre  qu’il y a en Ukraine un parti dénommé « Svoboda », ce qui signifie « Liberté »: c’est un parti d’extrême-droite au goût douteux pour la mise en scène, l' »habit » et le « costume », comme en attestent ces images.

Aussi peut-on déjà lire les commentaires des internautes : « Il a fait tirer sur son peuple ! » . Oui ! Sauf qu’une information, complètement passée « au travers », révèle qu’Ashton et le ministre estonien des affaires étrangères ont eu une conversation concernant une possible machination concernant les snipers de Maidan; dès lors, beaucoup de choses sont remises en cause: si quelques pro-Maidan ont pu effectivement tirer sur leur propres partisans pour susciter un émoi national, le doute est permis: quel est le vrai du faux ? Et quand il s’agit d’actes criminels présentés devant la justice, le doute est toujours préférable à la condamnation. 
Les journalistes de ce site suisse ont relayé l’information, pourquoi n’en a-t-il pas été de même en France ? 

D’autre part, qui sont les nouveaux dirigeants de l’Ukraine ? Inconnus du grand public occidental, que savons-nous réellement de ces personnes ? M. Kerry, tout comme le reste des ministres des affaires étrangères membres de l’OTAN, soutient ouvertement ce gouvernement, or nous ne connaissons ni leurs intentions, ni leur passé, ni leurs affiliations. Quelle est la carte politique de l’Ukraine ? Ou en définitive, à qui sommes-nous en train de donner le pouvoir ?

Nous, Occidentaux, avions fait de la Révolution Orange de 2004 le point d’orgue de l’avancée démocratique en Europe de l’Est, l’avènement de la parole populaire, allant même jusqu’à la comparer à 1789 : quelle désillusion ! Pourquoi l’histoire ne se répète-t-elle pas ?

Quand on lit et entend que « Poutine est un menteur lorsqu’il parle de fascisme en Ukraine » (encore un terme vide de sens pour ce pays: rappelons que le fascisme est italien, et que les nazis eux-mêmes n’étaient pas fascistes), il faut s’interroger.

Après quelques recherches on découvre  qu’il y a en Ukraine un parti dénommé « Svoboda« , ce qui signifie « Liberté« : c’est un parti d’extrême-droite au goût douteux pour la mise en scène, l' »habit » et le « costume« , comme en attestent ces images (qui précisons-le peuvent être trouvées sur le net sans trop de recherche effrénée) :

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Ce parti organise des marches aux flambeaux (comme les Nazis, souvenez-vous), prône une idéologie antisémite, russophobe, polonophobe, raciste dans sa globalité. N’a-t-on pas là des échos de ce qui se faisait en Allemagne en 1933, et même bien avant?
Or, Monsieur Fabius déclare sur France Inter au matin du 11 Mars: « C’est un parti plus à droite que les autres, mais il n’est pas d’extrême-droite »Nous sommes donc dans le déni total de réalité.

En revanche, il est vrai que « Place Maidan, il n’y a pas de telles organisations »… si l’on écoute ces observateurs très compétents qui s’expriment sur BFMTV, iTélé etc. Il est cependant étrange de constater que les photos prouvent exactement le contraire de leurs dires.

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Enfin, ce parti a du pouvoir, et c’est sans doute le plus inquiétant, d’autant plus que leur succès électoral est en constante augmentation depuis une dizaine d’années. 

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Leur dirigeant fait désormais partie du cercle proche du gouvernement de transition. 

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(On ne peut assimiler cependant le gouvernement ukrainien à un gouvernement de « fascistes » et « néo-nazis », puisque que Klischko et le Premier Ministre sont de confession juive, mais surtout, je ne remets pas en cause leur sincérité)
Mais la menace de voir à terme ce genre de parti accéder au pouvoir, est réelle: cette organisation représente un véritable danger pour la démocratie, déjà si fragile dans nos propres pays et à l’état embryonnaire sinon nul en Ukraine. 
Sans exagérer, ce parti n’est évidemment pas au sommet de la hiérarchie de l’État. En revanche il fait 30% et plus dans les provinces limitrophes des frontières européennes, et cela ne peut pas être négligé. Rappelons que la Révolution Orange de 2004 a échoué, que même Timochenko, que l’on présente dans nos pays comme une femme victime d’un régime autoritaire, victime du pouvoir tyrannique de Ianoukovitch (l' »inféodé au Kremlin« ), faisait l’objet d’une enquête de détournements de fonds à hauteur de 500 Milliards de Dollars. Vrai ou faux ? À défaut de savoir, il faut s’abstenir et rester distant.

Quand au mieux on ignore, quand au pire on dénie, l’existence de groupuscules d’extrême-droite en Ukraine, on fait rentrer le loup dans la bergerie.

Enfin, et ce sera le dernier point, on peut s’interroger sur le rôle des américains. Eux qui investissent en Ukraine, à hauteur de 5 milliards par an, n’avaient-ils pas intérêt à voir Ianoukovitch tomber (très réticent à l’idée d’un rapprochement avec l’Occident et d’un éloignement d’avec Moscou)?  

Ce site, duquel on peut trouver la majeure partie de ces informations, nous en apprend davantage sur les relations américano-ukrainiennes

Il y a une hâte et une précipitation qui font froid dans le dos dès lors que l’on se penche un peu plus sur la situation de l’Ukraine. 
Soutenir un tel gouvernement, alors que nous n’avons aucune garantie concernant les conditions des élections de Mai ni concernant les intentions que nous portent les futurs dirigeants de ce pays, c’est prendre le risque d’un fort retour de bâton dans les années qui viennent. 
Quand au mieux on ignore, quand au pire on dénie, l’existence de groupuscules d’extrême-droite en Ukraine, on fait rentrer le loup dans la bergerie. L’Europe se bat depuis des décennies contre les néo-nazis et voilà qu’à ses portes sont en train de toquer les héritiers de la division SS « Das Reich » : est-ce tolérable, au nom de la révulsion que semblent inspirer Ianoukovitch et Poutine aux Occidentaux ?

Condamner l’intervention russe pouvait de plus se faire sans apporter de soutien sans faille au gouvernement ukrainien actuel! Si la Chine violait l’intégrité territoriale de la Corée du Nord, serions prêt à soutenir réellement Kim Jong-Un ? Il fallait et faut être extrêmement prudent.
Comprenons que nombre de russophones s’inquiètent de cette situation, et que leur protecteur ne peut, être à leurs yeux, un autre pays que la Russie de Poutine. Le style de celui-ci est « délicat » à saisir, peu compréhensible pour l’Occidental lambda, mais il est de grâce nécessaire de bien se documenter sur la réalité du terrain pour pouvoir nuancer tout propos et éviter ainsi, toute position trop hâtive. La prudence n’est-elle pas l’un des maître-mots de la diplomatie?

La malhonnêteté est nauséabonde : qui a envahi l’Irak en 2003 ? Qui s’est permis de violer la souveraineté d’un État ? Qui a autorisé et légitimé l’indépendance du Kosovo? Même s’il est vrai que la Russie n’a jamais été un exemple de respect du Droit International, « de l’autre côté », tout n’est pas blanc pour autant. Malgré de grands principes que nous proclamons et brandissons haut et fort (et que d’ailleurs nous n’appliquons pas dans nos propres pays), nous perdons en crédibilité. José Bové a publié un livre livrant des informations sur la corruption au sein de l’UE. Mais allons donner des leçons aux Russes !
José Bové a publié récemment un livre livrant des informations sur la corruption au sein de l’Union Européenne… Allons donner des leçons aux Russes ainsi qu’aux Ukrainiens !

Maxime C.

Maxime C.

Rédacteur depuis Mars 2014