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   Une marée teutonne a submergé le grand Barça hier soir à l’Allianz Arena (4-0) en demi-finale aller de la Ligue des Champions. Le PSG, éliminé sans perdre par les Catalans (2-2, 1-1), peut avoir des regrets.

C’est désormais une certitude : sans Carles Puyol, Javier Mascherano et le revenant Eric Abidal, face à une équipe en pleine confiance, le Barça est prenable. Galvanisé par l’enjeu, ultra-solide dans le jeu, revanchard après sa défaite aux tirs au but en finale contre Chelsea, chez lui, lors de la dernière édition, le Bayern Munich l’a même dévoré en Bavière.

Fin de cycle ? Passage de témoin ? Il y a bien longtemps en tout cas que les Blaugranas, malgré une fois de plus une possession du ballon nettement à leur avantage, n’étaient pas apparus aussi impuissants. Leur défense a pris l’eau, ni le gardien Victor Valdés, ni Gerard Pique, ni le néophyte Marc Bartra n’ont été à la hauteur de l’événement et en attaque, Lionel Messi, pourtant quadruple Ballon d’or en titre, et David Villa ont été admirablement muselés. Au bout du compte, l’addition est salée pour les vainqueurs des C1 2006, 2009 et 2011.

Et si deux fautes ont entaché les première et quatrième réalisations allemandes (NDLR : un « ascenseur » de Dante sur Daniel Alves et une obstruction de Thomas Müller, auteur d’un doublé, sur Jordi Alba. Il est par ailleurs difficile de dire si le deuxième but bavarois a été marqué en position de hors-jeu), les Munichois sont fondés à rappeler que trois mains barcelonaises n’ont pas été sifflées dans la surface. Il s’en est donc fallu de peu pour que les Catalans ne rentrent au bercail lestés d’une « valise » sans précédent. 

                   Des statistiques hallucinantes

 

Champion d’Allemagne depuis la vingt-huitième journée, le Bayern Munich n’a été battu que trois fois cette saison toutes compétitions confondues et n’est rien de moins, en cet exercice 2012-2013, que la meilleure équipe du Vieux Continent sur le plan statistique. Les chiffres présentés par les troupes de Jupp Heynckes, qui cèdera sa place à un certain Pep Guardiola à l’intersaison, donnent le vertige : 20 victoires lors de leurs 21 derniers matchs, 89 buts inscrits en 30 journées de Bundesliga, soit presque 3 par matchs, seulement 14 encaissés dans ce même championnat, 85 % de rencontres remportées toutes compétitions confondues…

Indéniablement, Manuel Neuer, Philipp Lahm, Franck Ribéry, Bastian Schweinsteiger et en attaque les deux Mario, Gomez et Mandzukic, marchent sur l’eau. Cuirassé de discipline, ce Bayern là est une mécanique parfaitement huilée qui dévaste tout sur son passage depuis le début de la saison. La suprématie nationale est mathématique et ne souffre surtout pas le moindre commencement de discussion, bien qu’il puisse encore perdre la finale de la Coupe. Quant au sacre européen, il lui tend les bras, après deux échecs en finale en 2010 et, on l’a évoqué, l’année passée. Sous réserve bien sûr de ne pas verser dans l’excès de confiance et de maintenir l’exceptionnel niveau de jeu affiché ces derniers mois…

Le Bayern est euphorique. Il est aussi mort de faim. On le savait déjà. Depuis hier et une démonstration de force, d’organisation, de rigueur, bref une leçon de football qui restera dans les annales, on sait à quel point.

 

Guillaume DUHAMEL

Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel

Journaliste financier originellement spécialisé dans le sport et l'écologie. Féru de politique, de géopolitique, de balle jaune et de ballon rond. Info plutôt qu'intox et intérêt marqué pour l'investigation, bien qu'elle soit en voie de disparition.