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L’artiste Aurel-Street,  qui vit depuis 2013 à Cherbourg, revient dans sa région d’origine, lui le lorrain qui avait toujours  gardé une pointe d’accent est-mosellan, pour le temps d’une exposition à la galerie Têt’ de l’Art  située à Forbach en Moselle.

Nous avions déjà écrit sur ce jeune artiste dans Le Nouveau Cénacle le 27 octobre 2013 . 

A cette époque, il m’avait impressionné par son exceptionnelle maturité. 

Sans revenir à nouveau sur son style d’écriture, son art narratif ou son besoin constant de mouvement, cette fois-ci, je m’attarderai plutôt à révéler  certains aspects plus intérieurs de son travail.

Toutefois, avant d’aborder l’originalité intrinsèque de ses oeuvres , il faut au préalable  souligner dans quelle mouvance  se situe son art ?

Aussi dans une première lecture, on pourrait penser que cet artiste n’offre à voir rien qui ne puisse nous étonner.

En effet, comme beaucoup de jeunes artistes de sa génération, il vit pleinement dans l’ère post warholienne, utilisant abondamment l’imaginaire de la culture populaire et de la société de consommation avec parfois un  côté infantile qui peut poser question.

Un travail infantile ?

 

Dans le cas d’Aurel, ce sera notamment l’image récurrente du Panda qu’il ne cesse de multiplier à l’infini .

Mais l’utilisation intense de l’imagerie populaire véhiculée par  cet animal fétiche   ne permet pas d’affirmer qu’il cautionne par ailleurs et même de façon naïve le système en place avec son matérialisme ambiant.

Car loin de devenir un discipline de Murakami, Aurel reste un « artisan » dans l’âme et ne joue  nullement à la synergie  troublante entre art et commerce. 

Une peinture vraie

La sincérité de son art ne peut être mise en doute.

Aurel ne suit pas les tendances mercantiles de certains et encore moins,  pour se singulariser,  il ne s’adonne jamais au jeu de la provocation gratuite , car ses sentiments sont vrais.

Attestées par l’harmonie des formes  et par leur chaleur chromatique évidente, ses oeuvres en sont la preuve éclatante. 

Tout respire la quiétude de l’âme et la volonté d’établir un dialogue sincère et vrai  entre les êtres et les choses.

 

Le monde que représente sa peinture est certes foisonnant, bouillonnant voire électrique mais il s’avère en réalité toujours pacifié, comme  rempli d’espérance.

Même si tout se bouscule,  car en fait  ici   plus qu’ailleurs la vie jouit de sa pleine liberté. On se sent libre, l’univers n’est pas assombri, la vie est représentée comme une fête.

Aurel nous offre à voir comme des images de l’air qui s’évaporent ou qui  se cristallisent.

Sa peinture nous donne des ailes et nous fait rencontrer des nuages. 

Bref c’est un peintre aérien qui nous emmène très haut pour nous faire vivre une autre vie !

En définitive, bien qu’il soit un représentant de l’ère postmoderne, il résiste en fait  à toutes ses tentations et ses pièges, car il a su rester lui-même.

Peinture du coeur avec l’axe vertical 

Sa peinture a du coeur, de l’émotion et de la sensibilité. Elle est ascensionnelle , l’artiste nous propose toujours un voyage vers le haut.

Comme dans ce tableau en forme d’un médaillon qui propose une accumulation de pandas qui s’agglutinent entre eux pour former  une sorte d’essaim d’abeilles. L’artiste fait émerger au-dessus d’eux,  un panda  avec une couronne.

Il montre en quelque sorte le chemin de la valorisation de l’humain en prenant exemple sur des animaux familiers et archétypaux.

Reprenant  en cela l’idée d’un Gaston Bachelard, pour lequel « l’homme en tant qu’homme ne peut vivre horizontalement. 

Son repos, son sommeil est le plus souvent une chute. 

Rares sont ceux qui dorment en montant. ceux-là dorment du sommeil aérien, du sommeil shelleyen, dans l’ivresse d’un poème. » (L’Air et les Songes, Essai sur l’imagination du mouvement, Livre de Poche, 2018, p.18)

Sa peinture est donc celle qui nous élève en permanence  et ne constitue jamais une descente aux enfers.

Une invitation au voyage
 

Son imagination aérienne s’analyse également comme une invitation au voyage. Accéder à des terres inconnues c’est aussi ce que nous propose sa peinture.

Comme ici avec ces deux oeuvres qui semblent constituer deux îles à découvrir !

Le dynamisme aérien est partout présent dans son oeuvre comme un souffle puissant qui nous pousse à l’aventure et au rêve . 

Et donc grâce à sa rêverie picturale c’est en fait tout le monde qui y est convoqué !

Christian Schmitt                                                                                      Aurel-Street

www.espacetrevisse.com                                                                http://www.aurel-illustrations.com 

 

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Christian Schmitt

Critique d'art. Auteur de "l'univers de J.L. Trévisse, artiste peintre" (ed. Lelivredart 2008) et de trois autres ouvrages sur les vitraux réalisés par des artistes contemporains aux ed. des Paraiges: Jean Cocteau (2012), Jacques Villon (2014) et Roger Bissière (2016). A retrouver sur : http://www.espacetrevisse.com

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