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Lors de la marche organisée pour la mémoire de Mireille Knoll, nous avons observé la bienveillance comme nous avons déploré la violence et l’agitation. Et pourtant. Dieu a tant aimé le monde. 

Certains écrivent des poèmes, d’autres associatifs tentent d’utiliser la mort de cette dame pour leur agenda politique. Ils souillent sa mémoire pour une bien maigre obole, une assurance peu rassurante d’être réélus. Nous pouvons à juste titre déplorer la vanité de nos édiles, qui utilisent la sueur des peuples à des fins bien médiocres.  Mais pardonnons. Chacun admettra que le jugement doit se suspendre, pour entrevoir la grâce d’une femme. Cette élection funeste est digne devant le Créateur. Cet être aura gagné le paradis dans les plus terribles circonstances.

« Mireille, Knoll croyait au pardon. Elle croyait en l’Homme. »

En tant que métis, cet abominable crime m’a bouleversé. Il défie toute notion de justice que chaque Français porte en lui. Finalement, à travers ce crime atroce, nous sommes peut-être tous juifs. Mireille est morte par notre faute. Car Mireille Knoll croyait au pardon. Elle croyait aussi probablement en l’être humain. Cependant, celui qui s’est introduit chez elle en ce début de printemps pour commettre l’innommable n’était pas un homme mais une bête.

Mireille Knoll face à la somme de nos lâchetés

Il est important pour la Raison de ne pas négliger les mécanismes ontologiques de ce meurtre. Tout Homme peut, dans ces circonstances particulières, laisser place à la bête qui sommeille en chacun de nous. Mireille Knoll est le catalyseur de nos faiblesses comme de nos peurs face à la radicalité islamique, mais elle continue de porter nos espoirs.

« Face à cette souffrance, il faut malgré tout cheminer avec notre prochain dans une humanité universelle. »

Il n’y a ainsi pas d’amour sans sacrifice. En ces temps agités, où tout change trop vite, nous sommes souvent scindés, séparés, selon des arbitrages injustes, mais le sacrifice de cette dame nous rappelle avec force que, plus que jamais, il nous faut s’unir avec force pour ne pas capituler face à la barbarie, face aux puissances les plus sombres et les plus néfastes de la division humaine. La mort de Mireille Knoll nous a forcé à contempler la duplicité de l’Homme, capable des plus belles comme des pires choses.

Face à cette souffrance, il faut malgré tout cheminer avec notre prochain dans une humanité universelle. Nous n’avons qu’un monde, et il demeure le même pour tous. Dans cette quête de sens, gageons que le dévouement et l’abnégation de cette femme devant les forces obscures n’aura pas été vain et qu’il permettra à nous, Français, en tant que peuple, de retrouver la concorde.

 

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Rémi Loriov

Rémi Loriov est un homme libre qui s'intéresse à tout. On dit souvent à son propos : "personne ne sait ce qu'il fait, mais il le fait très bien." Il aime les histoires.