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Avec ironie, Julien de Rubempré explique pourquoi il préférera toujours la lutte des classes et un tournoi de foot sous la pluie à un tournoi de tennis.

 

1/ Le tennis est un sport bourgeois. Il suffit de baguenauder du côté de la porte d’Auteuil pour croiser ces hordes de CSP + en bermuda blanc et en polo vert pomme venus passer la journée dans les gradins du cour central. Lorsque la doxa répète à l’envi que le football est truffé de millionnaires et gangrené par l’argent, elle oublie que c’est avant tout une activité populaire dans le monde entier. Tout l’inverse de ce ping-pong géant réservé aux détenteurs d’une Gold.

2/ Les spectateurs de Roland Garros arborent la même morgue que les gamins qui rejoignent leur club de tennis, la raquette dépassant du sac à dos. Ils ont gardé la même mèche en travers du front et le même mépris dans le regard adressé à l’enfant prolétaire qui va jouer le match de sa vie au city stade du quartier.

3/ Un sport sans contact ni salissures n’est pas un sport à proprement parler. Le sport, surtout pour les enfants, est un apprentissage de la vie qui passe par des tacles par derrière, des petits ponts, des frappes en lucarne, les douches en commun et des coups de crampons dans le mollet. Pas sur de la terre battue avec une raquette.

4/ Le tennis est un sport individualiste, donc libéral, dans lequel la notion d’effort pour l’autre est totalement absente. Pas de mêlée, pas de récupération à deux, pas de blocs pour laisser filer son coéquipier au panier. Chacun pour soi. Comme dans les coursives du MEDEF.

5/ Parce que ce tournoi a révélé Yannick Noah au grand public. Depuis, il serait devenu la personnalité préférée des Français condamnés à écouter ses logorrhées abrutissantes et dogmatiques dans tous les médias. L’incarnation de la domination tant médiatique que financière venue faire la leçon à un peuple qu’il méprise. 

Julien de Rubempré

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Julien Leclercq

Fondateur du Nouveau Cénacle et auteur de "Catholique débutant" paru aux éditions Tallandier.