La plus belle coupe du monde de l’histoire de la coupe du monde de football vient de prendre fin à Rio de Janeiro sous le regard du Cristo Redentor qui a accompagné les nations du nouveau et de l’ancien Pape jusqu’au mythique stade du Maracana.

La coupe, récompense ascensionnelle d’une génération surdouée, remise au capitaine Lahm face aux regards médusés des albatros argentins sous un déluge de confettis dorés vient d’émouvoir une planète entière. La Mannschaft l’a emporté face à Messi. Le collectif a triomphé face à l’individualisme. Berlin est libéré. Moi aussi, Ich bin ein Berliner.

Je regarde à la télévision le peuple allemand vêtu d’une quatrième étoile jaune mettre en bière l’Unter den Linden. Et si je me souviens aujourd’hui des occasions de Benzema et Valbuena face au géant Neuer… ce n’est que pour mieux me consoler d’avoir vu mon pays perdre face au futur champion et renaître de ces cendres après l’épisode sud africain. Tel un cyclope face à Hercule, nous avons pu prendre mesure de notre combat, quand le disciple de Philoctète dénommé cette fois-ci Joachim Low anéantit définitivement le peuple jaune et vert par sept coups historiques… Oui, le football est bien un sport qui se joue à 11 contre 11 et à la fin… c’est l’Allemagne qui gagne. Tous les pronostics la désignaient comme grande favorite de la compétition. Encore fallait-il assumer ce statut… Une fois encore.

Ces héros de la Coupe du monde au Brésil 2014

Au delà du nom du vainqueur, quelques uns ont su tirer leur épingle du jeu du ballon rond. Comme toujours, Lionel Messi se voit remettre une récompense qu’il ne mérite pas forcément. Alors on retiendra la hargne du jeune défenseur argentin Rojo, la vista des Super Mario (Götze et Yepès), la classe de Toni Kroos, l’élégance de Paul Pogba, LE but de James face à l’Uruguay, le coup de tonnerre de David Luiz mais surtout le changement tactique de Louis Van Gaal, qui a fait en 2014 ce qu’aurait du faire Raymond en 2006 : changer son gardien à l’issu des prolongations.

En Afrique, la gangrène de l’argent a vu naître des épisodes épiques : des Camerounais refusant de monter dans l’avion ; une grève des joueurs nigérians avant un huitième de finale rappelant avant d’affronter les Bleus que nul n’est à l’abri bus ; un avion rempli de dollars traversé l’Atlantique à la demande expresse d’un chef d’état ; un joueur ghanéen, une bouteille à la main, courant dans les couloirs de l’hôtel, derrière un membre de son staff technique. A contrario, en atteignant les 8ème de finale pour la première fois de son histoire, l’Algérie est sorti par la grande porte, tenant tête jusqu’au bout des prolongations au futur Weltmaster, lors d’un match sensationnel, réconfortant tout un peuple pourtant paralysé depuis la tête.

Le Costa Rica, petit pays de 51 100 km2, a joué la surprise, écartant successivement l’Uruguay, l’Italie puis l’Angleterre dès la phase de poule et gagnant le droit de disputer un quart de finale de Mondial. Qui l’eut crû ? Peut-être les Thaïlandais, arrêtés par centaines depuis quelques jours pour trafic de paris. Magnifiques Oranje, troisième de ce Mondial, invaincu depuis la finale 2010. Chaque amateur de foot peut se divertir maintenant à composer son fameux 11 idéal quand, dans un élan euphorique, je me mets à rêver d’une Coupe du Monde des Continents… L’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie dans une première poule, l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Océanie dans une seconde. Demi-finale et finale. Un mini-championnat intercontinental pour mieux passer un été sans grande compétition… Neuer pourrait dégager le ballon sur la tête de Pogba pour une déviation sur Cristiano Ronaldo qui centrerait pour Zlatan. De l’autre côté, sur une passe d’Arturo Vidal, Neymar oublierait Messi au point de penalty pour mieux servir James Rodriguez… Les sélectionneurs seraient tirés au sort : Capello entraînerait les Africains qui deviendraient ultra favoris de la compétition, Deschamps jouerait au Sudoku tandis que Scolari ferait naufrage avec l’Océanie.

Il faut l’accepter, le Mondial est terminé. Le hashtag #Brazil2014 aura généré un volume record de tweets sans que l’on en retienne un seul pendant que le Reichstag peut décréter toute loi qu’il souhaite dans un délai d’un mois sans que le peuple n’en dise rien. L’information s’est déversée et s’est perdue dans l’Atlantis. Tous ces matchs, ces prolongations, ces tirs au but, ces couchers tardifs accompagnés par les berceuses de Jérôme Rothen sur Infosport. Au revoir Messaoud Benterki, Philippe Doucet, Habib Beye et Pape Diouf sur les ondes de Canal + Afrique. 4 ans attendront la prochaine édition que Vladimir Poutine sublimera (et sécurisera) en événement interplanétaire. On se consolera avec la reprise du Championnat de France en août car on sait déjà que… Zlatan reviendra et continuera à nous faire rêver une année de plus.

Fabrice Piofret

Fabrice Piofret

Fabrice Piofret

Il paraît que ma photo traîne dans la chambre de Julien de Rubempré... 34 ans.