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Le FC Barcelone l’a fait. Eux qui partaient pourtant avec zéro pourcent de chance de se qualifier au coup d’envoi, ont su, lors d’une soirée mémorable, déjouer tous les pronostics. 

Les journalistes et commentateurs sportifs français étaient sûrs d’eux : la célèbre remontée était inconcevable. Elle signifierait la plus large défaite d’un PSG victorieux quatre à zéro au match aller, la perte totale de son football et la déroute de ses joueurs si impressionnants jusque-là. Impossible donc. Pire, elle déjouait les lois du football et des pronostics.

« Deux semaines durant, la métaphysique catalane portée par les médias annonçait partout que le miracle allait avoir lieu ».

Partout en France, sur les ondes et les réseaux sociaux, de nombreux journalistes évoquaient déjà les quarts de finale. D’autres fustigeaient l’emploi même du mot « remontada ». Et pourtant. Malgré leur discours de la méthode, tous auront été victimes de leur raison. Au nom du cartésianisme, Ils ont refusé d’entrevoir un miracle. Au nom de la science, ils ont balayé d’un revers de main ce qui leur semblait irrationnel.

Les supporters, quant à eux, avaient foi en leurs joueurs. Une remontée était possible, suffisait-il juste de croire. Deux semaines durant, la métaphysique catalane portée par les médias annonçait partout que le miracle allait avoir lieu, ignorant alors les incertitudes qui entouraient ce match. Pourtant, les doutes étaient fondés : les dernières prestations catalanes étaient autant de signes de mauvais augures envoyés aux supporters et la récente annonce de Luis Enrique de ne pas continuer la saison prochaine au poste d’entraîneur présageaient une fin de cycle et l’annonce d’une défaite programmée.

L’apothéose du Barça

Le miracle a bien eu lieu. Le PSG s’est liquéfié et le Barça a marché sur l’eau. Devant l’apothéose christique du miracle catalan, Messi n’a jamais aussi bien porté son nom. S’il n’a pas été le meilleur sur le terrain, c’est bien son aura et ses miracles passés qui ont transcendé ses partenaires, laissant à Neymar la tâche de porter le lourd fardeau du sauveur. Sous les traits de saint Pierre, il accomplit son plus grand match sous le maillot catalan, indiquant la lumière à ses coéquipiers à deux reprises. Sergi Roberto et son visage enfantin digne de saint Jean-Baptiste, vient parachever cette soirée mémorable, au terme d’un match qui marquera à jamais les esprits.

« Tel saint Thomas, il reste incrédule devant le miracle qui s’opère sous ses yeux, jusqu’au doigt pointé sur la plaie béante du résultat final ».

Le supporter Parisien ne peut que constater ce qui s’accomplit devant lui. Le score évolue sans cesse, et l’incompréhension se mêle à la peur. Tel saint Thomas, il reste incrédule devant le miracle qui s’opère sous ses yeux, jusqu’au doigt pointé sur la plaie béante du résultat final. Cette défaite est autant de stigmates que tous, supporters, joueurs et président réunis, auront du mal à effacer.

Le Barça continue d’écrire sa légende. Deux ans après un second triplé et six ans après un sextuplé légendaire qui le place au panthéon du football, il envoie un message à toutes ses ouailles : le FC Barcelone n’est pas mort, il est ressuscité.

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Andrés Rib

Ancien de la Sorbonne. Professeur de Lettres. Aime le Balto, et la Philo.