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Laurent Blanc commence à entendre ses oreilles siffler. Quoi de plus normal qu’après ce triste nul 1-1 obtenu à Rennes où les parisiens ont joué à la passe à 10 sans un bon résultat au bout.

Pas une occasion sérieuse à se mettre sous la dent en deuxième mi-temps. Ibra a tenté des gestes encore zlatanesques mais n’a pas marqué. Dans ce cas, c’est aux seconds couteaux de se mettre en évidence mais ni Cavani ni Lucas n’ont été bons. Pire leur entente avec les latéraux laissent à désirer. L’entrée de Lavezzi confirme son dur retour à la réalité du championnat après une coupe du monde très réussie pour l’argentin et des rumeurs persistantes le renvoyant en Italie. Au milieu, Thiago Motta et Verratti joue à la baballe comme dans une cour d’école et s’amusent à monter les statistiques de passes réussies de l’équipe. Javier Pastore, dont on lui attribue un bon début de saison, a été assez transparent sur une rencontre qu’il aurait pu pourtant emballer en provoquant plus de vitesse et de percussion. Le schéma de jeu du PSG est désormais connu de tous et ne surprend plus aucune équipe. A l’extérieur, le PSG n’a pris que 3 points sur 9 contre Reims (18è), Evian (20è) et Rennes (8è). Inutile de commenter. A domicile, la victoire contre Saint-Etienne est surtout due à une erreur du gardien stéphanois et au mauvais coaching de l’entraîneur qui alignait un 3-5-2 improbable. Alors faut-il s’inquiéter pour la suite de la saison ? 

Les inquiétudes du PSG

Si le PSG continue à s’enliser dans ce système de jeu, l’équipe de la capitale va affronter les pires difficultés à remporter ses matchs à l’extérieur. Cavani n’arrive pas à suppléer le géant suédois quand ce dernier ne marque pas et vendange toutes les occasions qu’il a dans la surface. De plus, il n’est ni un ailier droit ni un ailier gauche. Il a beau le crier sur tous les toits, le paradoxe continue sur le terrain quand on lui propose l’axe et qu’il se décale sur les côtés. Lucas n’a aucun espace et ne marque pas non plus. Lavezzi cire le banc en attendant de retrouver la forme. Les buts pourraient venir du milieu de terrain mais à ce jour un joueur comme Verratti n’a toujours pas inscrit le moindre but sous les couleurs parisiennes. Enfin sur coup de pied arrêté, pas l’ombre d’un danger jusqu’à présent. Ibra tire les coups francs dans le mur sans laisser ni à David Luiz ni à Cabaye ni à Cavani l’ombre d’une miette. Et si Ibra continue à marquer de son empreinte le championnat, son pénalty raté contre Reims à coûté deux points aux siens. Contre Rennes, le salut est venue de l’ancien Papus Camara, seul français aligné au coup d’envoi. Tiens tiens… seul français… Et si le véritable salut venait justement des français en ce qui concerne le championnat de France… 

Les raisons d’y croire

Il ne faut pas s’inquiéter si Laurent Blanc a laissé Matuidi et Cabaye souffler après la Coupe du Monde et qu’il compte les réintégrer dans le schéma de jeu rapidement. Blaise Matuidi est un véritable râtisseur et oppresseur de ballon. L’homme à 4 poumons se projette rapidement vers l’avant et apporte le surnombre et donc le danger. Cabaye n’hésite pas à soulever les ballons pour les envoyer rapidement à l’aile ou entre deux défenseurs. Ces deux joueurs seraient ainsi véritablement en mesure d’accélérer le jeu parisien, notamment à l’extérieur où le pressing défensif des deux bleus s’avérera toujours utile. Le retour des bleus dans le 11 de départ en championnat permettrait également à Thiago Motta, Verratti ou Pastore de souffler dans les périodes où les matchs s’enchaînent tous les 3 jours… pour mieux se consacrer aux matchs de Ligue des Champions, objectif qu’ils ont beaucoup plus en tête. De plus, être titulaire en Ligue des Champions permettraient de continuer à flatter leurs égos, chose dont ils ont besoin pour avoir « la confiance ». Leonardo avait bien raison quand il disait bâtir une équipe pour la Ligue des Champions… et moins pour le championnat de France. 

Laurent Blanc et la troisième voie

Mais la troisième voie semble pourtant se dessiner avec le bon début de championnat de Javier Pastore. Oui cet homme est probablement la clé de réussite du PSG version 2014-2015. Il n’a pas joué la coupe du monde et sa préparation physique a été optimale. Javier percute et trouve des intervalles, en nous gratifiant à chaque match d’un dribble sorti d’ailleurs. En soulevant la foule, Javier a retrouvé la confiance du public (et donc la mienne), n’ayant jamais perdu celle de son coach. Javier ne peut ainsi qu’être titulaire indiscutable cette saison. Mais Javier joue trop bas. En réintégrant Blaise Matuidi au milieu et en proposant à Cavani de jouer dans l’axe une fois pour de bon, Javier deviendrait alors le véritable et attendu meneur de jeu. Avec Ibra qui aime redescendre, Javier pourrait jouer plus haut, quitte à lui demander de défendre sur un côté quand son équipe perd le ballon, à l’image d’un Cavani qui le fait naturellement.

L’entrée de Blaise permettra à Verratti et Thiago Motta de cesser leurs passes à 2-3 mètres et Javier apportera la touche finale : la passe sur le côté vers les latéraux, la louche vers Cavani, l’extérieur vers Ibra. La troisième voie est ainsi dessinée avec un schéma de jeu qui passerait de l’éternel 4-3-3 au 4-4-2 avec un milieu en losange avec Pastore à sa tête, derrière deux attaquants. Ce schéma permet à l’équipe de continuer à posséder le ballon en ne déstabilisant pas la colonne vertébrale de l’équipe (Sirigu – Thiago Silva – Thiago Motta – Ibra) et surtout de changer le jeu stéréotypé de l’équipe que chaque équipe attend désormais à domicile en jouant à 5 derrière. Lavezzi et Lucas pourront rentrer en jeu, le premier pour suppléer Cavani, le second si le score est défavorable aux parisiens. Il ne faut pas oublier que Javier Pastore est également un formidable buteur et que sa position au milieu de terrain ne lui permet pas de prendre les risques qu’Antoine Kombouaré avait pris avec lui, en le faisant quasi jouer en pointe (16 buts lors de sa première saison à Paris contre 12 sur les deux suivantes). Alors cette troisième voie qui se dessine petit à petit, espérons-le, sur la magnifique pelouse du Parc des Princes pourrait aussi s’appliquer sur les escalopes des terrains adverses.

Mais cela relève bien entendu du choix d’un coach, Laurent Blanc, qui semble malheureusement pour l’instant ancré dans ses idées, sans voir ce beau schéma dessiné pourtant comme un nez au milieu de la figure. 

 Fabrice Piofret 

Fabrice Piofret

Fabrice Piofret

Il paraît que ma photo traîne dans la chambre de Julien de Rubempré... 34 ans.