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Ce mardi 16 décembre, François Hollande inaugure la Cité de l’immigration à Paris.

Notre président est un faux idiot. Sourire fourbu derrière son double menton, yeux faussement ébahis derrière ses lunettes de pharmacien provincial et voix pénible de léthargie tant elle dégouline de veulerie, il trouvera néanmoins une nouvelle fois les mots pour tout à la fois décevoir, irriter et tromper. Comme il se teint les cheveux pour paraître un autre, Hollande ment. En permanence. Il se drape, se masque, se casque. Il joue au débonnaire pour mieux narguer cette opinion qui le voue plus que jamais aux gémonies.

C’est sa marque de fabrique : feindre la sympathie pour excuser une incapacité à gouverner, tout simplement parce que la France n’a plus la maîtrise de son destin d’une part à cause de l’Europe, mais aussi d’autre part parce qu’il n’est plus légitime. Il joue au benêt qu’il ne faut pas brusquer. Ne reste plus qu’à ce Machiavel fantoche la rouerie pour se débattre quelques instants dans les sables mouvants de son inertie.

Hollande, la division par désespoir

La Cité de l’immigration, idée lancée par Lionel Jospin et ouverte en 2007 sous Nicolas Sarkozy, n’a jamais été inaugurée. Hollande essuiera donc les plâtres, de ce musée que personne ne visite et qui ne tient debout que grâce aux mécènes qui le financent généreusement. Hollande a donc prononcé un discours sur les bienfaits de l’immigration, a rendu hommage aux immigrés qui ont reconstruit la France (ce qui est faux) et qui auraient sauvé la France (ce qui est encore plus faux).

Autant de sujets éruptifs que cet apprenti sorcier va sciemment manipuler pour créer du clivage dans un pays malade de son identité. Il s’agit en effet de plaire à la bonne conscience des acteurs de cinéma, d’exciter les identitaires furibards et de cajoler les tiers-mondistes qui encombrent les bancs des masters de sociologie. L’immigration n’est pas une thématique qui est abordable sereinement en France, le débat est devenu trop clivant et cette fracture entre « bien-pensants » et « réactionnaires » est aporétique. Hollande le sait, et provoque cette frange abrasive de la société à dessein parce qu’il est usé et qu’il n’a plus rien à proposer.

L’insupportable caricature du gauchisme banlieusard

Ce postulat signalerait que les immigrés vivraient tous en banlieue, et qu’ils seraient tous de gauche. Caricature, ignorance, raccourci.

De surcroît, les limites de l’insupportable semblent atteintes lorsque les commentateurs entonnent leur refrain sur la gauche et l’électorat de banlieue que le président chercherait à reconquérir en visitant la Cité de l’immigration. Ce postulat signalerait que les immigrés vivraient tous en banlieue, et qu’ils seraient tous de gauche. Caricature, ignorance, raccourci : toutes les tares de notre époque jaillissent spectaculairement aux yeux de qui veut bien interroger ces quelques leitmotivs.

En parlant d’immigration avec une telle mise en scène, Hollande trahit la république originelle, « une et indivisible ». Par ce discours, il montre que les personnes immigrées resteraient des gens qui viennent d’ailleurs. La division, toujours, sous couvert de bons sentiments. Or, chaque citoyen est pleinement français et égal aux autres : du point de vue républicain, il n’a pas à être cajolé comme s’il était victime de quoique ce soit. Venir d’ailleurs n’est ni une gloire ni une tare, en revanche être citoyen français est un honneur et un privilège dont chacun a le droit de jouir sereinement, sans qu’une association grotesque ne vienne lui rappeler que son histoire est ailleurs. Finissons simplement en lui indiquant que faire l’éloge de l’immigration c’est faire en creux celui de la mondialisation libérale, qu’un homme de gauche devrait plutôt combattre.

De François Mitterrand, Hollande n’a donc retenu que les côtés les plus insupportables : le cynisme, la manipulation, la stratégie du clivage pour voir monter le FN.

Mais ce n’est certainement pas en jouant avec le feu qu’il ravivera la flamme de la gauche.

Julien de Rubempré

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Julien Leclercq

Fondateur du Nouveau Cénacle et pur produit d'une époque qu'il critique inlassablement.