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Demain sort le deuxième opus des aventures de Katniss Everdeen, Hunger Games: Catching Fire. Après un marathon médiatique de plus de deux semaines, la jeune et belle Jennifer Lawrence peut à présent se reposer.

Un moment béni pour l’industrie cinématographique, où les enfants sont le plus disponibles pour des plaisirs simples et immédiats.

Le film a fait l’un des meilleurs démarrages de l’année 2013 aux États-Unis, et se paye le luxe de taquiner les franchises Marvel, habituées des sommets cinématographiques et financiers. Essayons dans cette recette de revenir sur l’appellation elle-même. L’épithète « blockbuster » a dans un premier temps été attaché à de funestes desseins. L’adjectif décrivait un type de bombe américaine, qui, durant la Seconde Guerre Mondiale, était capable de détruire un quartier, un « block ». Appliqué au monde du Septième art, certains films ont pu littéralement exploser la concurrence. A l’instar d’une bombe, le secret reste ici le même : le timing. Des films comme Avatar en 2009 ou Titanic en 1997 sont sortis à une décennie d’intervalle à la même période : les fêtes de Noël. Un moment béni pour l’industrie cinématographique, où les enfants sont le plus disponibles pour des plaisirs simples et immédiats.

Titanic a ouvert la voie. On se souvient avec un amusement nostalgique des longues files d’attente, devant les cinémas parisiens, de jeunes filles en fleur qui vouaient un culte à un film prévisible mais rassurant. Le blockbuster américain est devenu un Dieu, et James Cameron est son prophète.

La fabrique du blockbuster

Cela nous amène au second ingrédient essentiel du blockbuster, un scénario attendu. Il s’agit ici de prévoir les retombées médiatiques et numéraires. On ne prend aucun risque avec une intrigue complexe et des personnages ambigus. Non. On tend vers l’efficacité. Par conséquent, si les succès des premiers blockbusters comme Les Dents de la mer ou Indiana Jones étaient relativement inattendus et jouaient sur des éléments de « spectacle », où le visuel a fasciné l’audience, on préfère aujourd’hui atteindre le plus petit dénominateur commun. Rien n’est laissé au hasard.

Les plus grands succès de ces cinq dernières années partagent en effet une similitude : ce sont tous des adaptations d’œuvres originales. En clair, on cherche à capitaliser sur des succès déjà éprouvés. Harry Potter et Hunger Games sont ainsi les têtes de gondoles d’une tendance plus générale. Heureusement, dans ces deux cas, les adaptions sont assez fidèles et ont reçu un accueil favorable, tant par la presse que les spectateurs.

Dans cette configuration, ironie de l’histoire, le film devient donc un produit dérivé. C’est ainsi que la franchise Transformers a connu une nouvelle jeunesse grâce à Michael Bay, avec de nouvelles figurines écoulées, dans une sorte de cercle vertueux du rêve américain. Pour couronner le tout, un Transformers 4 est en préparation pour 2014, avec Mark Wahlberg dans le rôle-titre. Enfin, le naufrage du Titanic est sans doute l’événement historique le plus connu dans la culture populaire d’Occident. On évolue toujours dans un territoire connu.

Hunger Games : Vers un cinéma de l’impossible 

L’acteur doit exprimer la beauté du corps. Les gens ont un rêve, le héros d’action devient ce rêve à l’écran, et suscite des émotions.

Autre élément essentiel, les fans de la première heure, qui vont, les yeux fermés, voir leurs personnages préférés portés à l’écran. Ils veulent être les témoins privilégiés d’une époque où presque tout devient techniquement envisageable au cinéma. Cela participe aussi de cette volonté de ne  pas se risquer à faire des films basés sur une idée originale, moins certaine de conquérir un large public sur un scénario captivant ou des acteurs reconnus. Il s’agit ensuite de rendre l’adaptation esthétiquement attrayante.

Ainsi, et cela est vrai pour quasiment l’ensemble des films américains, tous les acteurs sont beaux, jusqu’à la caricature. Autrement dit, ils incarnent la perfection esthétique. L’acteur doit exprimer la beauté du corps. Les gens ont un rêve, le héros d’action devient ce rêve à l’écran, et suscite des émotions. Hunger Games et les costumes variés de Katniss révèlent sa beauté intégrale, universelle, soutenue par une histoire où elle est l’épicentre de tous les changements survenant dans l’intrigue. Elle devient un modèle à suivre pour des millions de jeunes filles. Le personnage prescrit des conseils par son action en tant que jeune femme. Elle porte la destinée de sa famille sur ses épaules, puis l’ensemble des districts, maintenus dans une pauvreté par un régime autoritaire. Cela est accentué dans le livre, celle-ci étant à la fois narratrice et protagoniste, preuve de l’impact du personnage sur l’ensemble de l’histoire.

Jennifer Lawrence, icône du marketing mondialisé

Les médias lui attribuent le don d’ubiquité. Réseaux sociaux, journaux, magazines, émissions télé, Jennifer était partout.

Pour donner du liant, dans ce siècle de culture mondialisée, le souffle de l’explosion doit être préparé par une campagne marketing ciselée. Jennifer Lawrence a parfaitement joué sa partition, avec un enthousiasme sans pareil, envahissant, durant cet automne, l’espace culturel mondial, pour le plaisir de nos pupilles. Les médias lui attribuent le don d’ubiquité. Réseaux sociaux, journaux, magazines, émissions télé, Jennifer était partout. Les résultats sont là, la machine était rodée et ce week-end, les millions ont coulé à torrent. Il faut cependant se souvenir que la campagne marketing du premier opus était très différente dans la forme. Un simple site Internet, thecapital.pn, avait été lancé parallèlement à la bande-annonce, les merveilles du marketing viral et les fans du livre ont fait le reste. 

Le succès d’Hunger Games en France est acquis. A l’instar d’Harry Potter et Twilight, le dernier opus de la trilogie sera évidemment divisé en deux parties, pour emmagasiner le plus de recettes possible. C’est de bonne guerre, sauf à penser que l’argent est mauvais en soi. Pour finir, ce divertissement s’avère être une attraction féérique plaisante, qui, avec des acteurs inattendus – Woody Harrelson – remplit son contrat : une récréation rafraîchissante, qui plaira au plus grand nombre. féérique plaisante, qui, avec l’aide d’acteurs inattendus – le fougueux Woody Harrelson – remplit son contrat : une récréation rafraîchissante, qui plaira au plus grand nombre.

Rémi Loriov

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Rémi Loriov

Rémi Loriov est un homme libre qui s'intéresse à tout. On dit souvent à son propos : "personne ne sait ce qu'il fait, mais il le fait très bien." Il aime les histoires.