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L’attaquant suédois a été récompensé du titre de meilleur joueur de L1. Une distinction logique au regard de sa première saison aboutie sous les couleurs du PSG.

 

Transfuge du Milan AC au même titre que le défenseur brésilien Thiago Silva, lui aussi auteur d’un exercice 2012-2013 mémorable et en lice pour l’obtention du précieux sésame, Zlatan Ibrahimovic était attendu au tournant. Présenté en grande pompe sur les marches du désormais tristement célèbre Trocadéro, l’ex-Rossoneri peut il est vrai se prévaloir d’un curriculum vitae impressionnant. Champion avec l’Ajax, la Juventus (NDLR : Précisons tout de même que les deux Scudetti remportés sous le maillot turinois ont a posteriori été attribués à l’Inter à la suite d’une sinistre affaire de matchs truqués), l’Inter, le Barça et le Milan AC, « Zlatan » a été LE transfert de l’intersaison en Ligue 1 et le moins que l’on puisse écrire est qu’il a une nouvelle fois su tenir son rang.

Auteur de vingt-neuf buts en championnat, le Suédois peut encore atteindre voire dépasser le cap symbolique des trente réalisations, ce qui serait une première depuis Jean-Pierre Papin en 1990. Des buts souvent cruciaux, à l’image de son doublé face à l’Olympique de Marseille au Vélodrome, de son triplé contre Valenciennes au stade Nungesser ou encore de celui inscrit à Bordeaux dans une rencontre fermée et crispante. Maître dans l’art d’économiser son énergie – pléthore de spectateurs du Parc des Princes ont pu constater sa propension à marcher -, ainsi qu’il l’a lui-même admis dans sa biographie, peu enclin aux tâches défensives, « Ibra » a également marqué cette saison par ses coups de gueule face au corps arbitral.

Détestable pour les uns, charismatique voire fascinant pour les autres, la gâchette scandinave n’a en tout cas laissé personne indifférent et est de ces joueurs qui, par leurs performances sportives et leur personnalité singulière, irradient encore bien après leur départ d’un club. Les Guignols de l’Info, eux, avaient matière à s’en donner à coeur joie et ils ne s’en sont pas privés, dépeignant « Ibra » tel un Chuck Norris en catogan et en short, égocentrique aux réactions de robot et à l’orgueil démesuré.

Zlatan : stop ou encore ?

Incontestable meilleur buteur du championnat, « Zlatan » n’a en revanche pas été aussi flamboyant en Ligue des Champions, inscrivant tout de même, entre autres faits d’armes, mais en position de hors-jeu, le but du 1-1 en quarts de finale aller au Parc des Princes contre le FC Barcelone (2-2 au coup de sifflet final). Il a aussi manqué son pénalty dans une séance de tirs au but tendue et finalement perdue contre Evian en quarts de finale de la Coupe de France, une compétition que le PSG aurait largement pu remporter au regard de la composition du « top 8 ».

D’une façon générale, le Suédois est légèrement rentré dans le rang depuis le début de l’année. De quoi contribuer à alimenter les spéculations quant à son avenir. D’aucuns ont cru qu’il s’ennuyait ferme à Paris, ralliée dans le seul but de toucher un (très) gros chèque, et qu’il était bien déterminé à quitter une fois le titre de champion de France en poche. Son agent a fini par démentir, certifiant qu’Ibrahimovic n’avait nullement l’intention de retourner en Série A – et a fortiori à la Juventus – ou de rejoindre un autre championnat.

Reste le départ probable de Carlo Ancelotti, lequel n’attend plus que le feu vert du club pour, sans doute, entraîner le Real Madrid d’un José Mourinho qui semble avoir perdu, sinon de sa superbe, en tout cas de son autorité et est désormais très loin de faire l’unanimité dans le vestiaire après une série de choix et de déclarations sujets à caution. « Zlatan » a-t-il suspendu son destin parisien à celui de ce coach avec lequel il semble s’être toujours bien entendu ? Attend-il au contraire que les dirigeants qataris se distinguent cet été encore par de nouvelles acquisitions tonitruantes ? Grande vedette du PSG cuvée 2012-2013, champion et prophète en son pays pour la première fois depuis près de vingt ans, Ibrahimovic pourrait la partager dès la saison prochaine sous réserve de l’arrivée de renforts de poids qui pourraient certes lui faire de l’ombre, mais aussi l’aider à enfin remporter la C1, une compétition dans laquelle il n’a jamais eu le même rendement que lors des joutes nationales.

Le PSG a plus que jamais besoin de lui. La réciproque est certainement moins vraie, mais le challenge est objectivement excitant. A ce stade, l’intéressé semble en convenir. Tant mieux pour Paris. Tant mieux pour la Ligue 1.

Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel

34 ans. Journaliste financier originellement spécialisé dans le sport et l'écologie. Féru de politique, de géopolitique, de balle jaune et de ballon rond. Info plutôt qu'intox et intérêt marqué pour l'investigation, bien qu'elle soit en voie de disparition.

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