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Le couperet est tombé pour celle que l’on surnomme « la Marquise » dans les couloirs des Républicains. Évincée de son poste de vice-présidente des Républicains pour avoir défié Nicolas Sarkozy, NKM se retrouve sur la touche à deux ans des présidentielles. Une chance pour la droite.

En 2011, soit une éternité dans le temps médiatique, Nathalie Kosciusko-Morizet avait fait le tour des plateaux de télévision pour vendre son livre, Le Front antinational. Alors que l’UMP de l’époque s’échinait à faire des courbettes devant les centristes qui ne pesaient déjà plus rien dans l’électorat, que Nicolas Sarkozy suppliait Angela Merkel de lui apporter son soutien, « NKM » incarnait la lutte contre l’extrême-droite en se disant … De droite. Cette posture aura coûté ce que l’on sait pour le candidat de l’UMP.

« Lors de la campagne de 2012, NKM était déjà la numéro 2 de Nicolas Sarkozy qui souhaitait en faire son étendard féminin, centriste et libéral, pour tenter de rassurer l’UDI ».

Nul besoin de rappeler ici les thèses de René Rémond : bornons-nous simplement à rappeler qu’il existe des familles à droites, et que certaines sont encore irréconciliables en dépit de la majorité qu’elles représentent toutes dans l’opinion si elles étaient additionnées.

Lors de la campagne de 2012, NKM était déjà la numéro 2 de Nicolas Sarkozy qui souhaitait en faire son étendard féminin, centriste et libéral, pour tenter de rassurer l’UDI. Las, au bout de quelques mois, l’ancien Président a choisi de la ranger au placard à cause de tous les points qu’elle lui faisait perdre dès qu’elle se mettait à parler. Rebelote aux législatives, puis aux européennes et départementales : NKM prône publiquement le vote PS en cas de triangulaire avec le FN. Le parti refuse de s’y soumettre, et c’est un énième camouflet pour cette femme qui, in fine, s’oppose à la gauche par principe, pour des questions de gestion, et non sur les grandes idées.

NKM ou les sirènes de Solférino

Féministe, libérale, écolo et européiste, peu rétive au mariage pour tous : Kosciusko-Morizet est compatible tant avec Chantal Jouanno au centre qu’avec Valls ou Macron au PS. Lors de la campagne des municipales à Paris, sa collusion idéologique avec Anne Hidalgo en devenait presque grotesque.

Alors que la société se « droitise » si l’on en croit le diagnostic de la pensée paresseuse, les positions de NKM ne sont plus tenables au sein des Républicains. Si Nicolas Sarkozy veut avoir une chance de gagner à la primaire, il doit aller convaincre son électorat de plus en plus séduit par le Front national concernant les sujets liés à l’identité, la sécurité et l’immigration. 2007 bis repetita.

« NKM doit céder aux sirènes de Solférino. Leur idylle est prometteuse ».

Et pour être qualifié au premier tour en 2017 puis vaincre au second, il faudra de nouveau aller chercher ces abstentionnistes qui ne lui pardonnent pas de ne pas avoir passé le Kärcher entre 2007 et 2012. Et cela devra se faire sans Morizet, ni l’UDI qui ne sert plus à rien, ni les Raffarin et autres rejetons illégitimes de Jacques Delors.

NKM doit céder aux sirènes de Solférino. Leur idylle est prometteuse. Il n’est pas question de lui demander de renoncer à ses convictions, mais plutôt de l’inviter à les assumer pour que cesse enfin cette impression de ne plus avoir une gauche de gauche ni une droite de droite.

Paradoxalement, le modernisme est devenu ringard. Et cette volonté de moderniser à tout crin en féminisant « jeunisant » et diversifiant est de plus en plus surannée, tant la ficelle politicienne est visible. Pour 2017, le grand défi de Sarkozy sera donc de tenter de convaincre le peuple plutôt que les caméras de télévision.

Julien de Rubempré

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Julien Leclercq

Fondateur du Nouveau Cénacle et auteur de "Catholique débutant" paru aux éditions Tallandier.