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Chronique de l’essai du Général Didier Tauzin, Rebâtir la France, Mareuil éditions, 2015, 112 pages, 10 euros.

De nombreux essais émanant d’intellectuels comme de personnes d’action et de terrain de droite comme de gauche fleurissent en librairie, singulièrement depuis le début du quinquennat en cours. Nous y retrouvons les habituels caciques déconstructeurs de la Gauche progressiste, ainsi que leurs alter-ego déconstructeurs de droite, ultra-libéraux soumis au marché mondialisé (tant qu’ils en tirent profit). Ne désirant pas leur faire de réclame, je ne prendrai même pas la peine de les citer. Toutefois, charitable et soucieux de la pluralité des opinions (comprenant celles que je désapprouve), je vous précise que vous écouterez largement ceux du côté sinistre sur France Inter, France Culture ou Canal +, les lirez dans Libé, L’Obs, Médiapart et consorts… et que les grands médias privés détenus par les puissances d’argent accueillent largement sur leurs ondes et dans leurs colonnes le côté dextre. D’autres essais, émanant eux aussi de droite comme de gauche, sont quant à eux plus intéressants par leur originalité de point de vue, leur analyse argumentée et étayée, leur volonté de compréhension plutôt que de jugement, leurs velléités de propositions réalistes plutôt que de yakafokon.

Nous en avons évoqué [1] dans ces colonnes sur la fin programmée du suffrage universel et notre chronique de l’essai de Jack Dion sur le Mépris du peuple. Ces travaux nous permettent d’éclairer et de comprendre des problèmes précis, de les diagnostiquer et d’envisager un traitement local. En revanche, aucun ne propose de projet global.

Les quatre piliers du redressement

C’est à la conception et à la rédaction d’un tel projet que s’est attelé le général Didier Tauzin, avec la contribution d’une centaine de personnes, et dont le résultat est proposé dans son essai intitulé Rebâtir la France. Fort d’une longue expérience militaire, universitaire, entrepreneuriale et associative, Tauzin a eu la sagesse de s’extraire de la médiocrité du quotidien politicien pour inscrire son projet de renouveau national dans les racines de la France et dans une perspective de temps long. Se référant régulièrement à Clemenceau et de Gaulle (il n’y a pas de hasard), Didier Tauzin assoit son projet pour la France sur quatre piliers de redressement et précise dans un second temps les grandes orientations d’une politique d’avenir.

La France est en crise profonde d’identité, avec un risque majeur et imminent d’éclatement du corps social sous les coups de boutoir des idéologues, des financiers et d’une immigration mal contrôlée.

L’état des lieux fait par le général Tauzin met des mots sur nos maux. À longueur de médias, et d’autant plus en période électorale, la petite musique du fossé grandissant entre le peuple et les élites accompagne celle de l’inefficacité des politiques quand il ne s’agit pas du grand air du « tous pourris ». Cette crise de la démocratie française est selon Tauzin la résultante du « régime désastreux des partis » qui induit une professionnalisation de la politique. Nos dirigeants se servent de la France au lieu de la servir. Les conséquences sont potentiellement dramatiques, et l’auteur les éclaire de son expérience des guerres civiles européennes ou africaines : la France est en crise profonde d’identité, avec un risque majeur et imminent d’éclatement du corps social sous les coups de boutoir des idéologues, des financiers et d’une immigration mal contrôlée.

D’où les quatre piliers proposés par Didier Tauzin pour assoir le redressement de la France : revenir aux fondamentaux de la Nation, restaurer la fonction présidentielle, refonder notre démocratie et restaurer notre État, et mettre la famille au cœur de la politique globale de l’État. Nous ne pouvons détailler chaque pilier dans cette chronique, ce n’est pas son objet, cependant quelques réflexions sur des aspects qui nous semblent essentiels. Le premier d’entre eux est que le général Tauzin replace l’Homme dans une transcendance, qu’elle soit religieuse ou naturelle. C’est cette transcendance qui lui confère sa dignité inviolable, c’est elle qui le place en haut de l’échelle du vivant sur terre. L’auteur propose d’organiser le corps social sur la famille, cellule de base de toute société et premier lieu de solidarité (ce qui semble de bon sens, sauf pour les nihilistes libéraux-libertaires qui, quoique minoritaires comme EELV, jouent habilement de leurs groupes de pression et obtiennent des résultats) et de remettre la politique au service du pays, de son peuple et des hommes (et non comme c’est de facto le cas depuis quarante ans le pays, le peuple et les citoyens au service de la politique). Troisième point sur lequel il me paraît importer d’insister, c’est la reconnaissance de l’héritage chrétien de la France, qui est au cœur de notre société, de notre conception des droits de l’homme à la laïcité. Il est incontestable et le nier est criminel[2]. In fine, le général Tauzin nous propose de revenir à un peu de modestie et de raison en prenant conscience de notre caractère essentiellement éphémère et de notre fragilité. La démocratie ne peut s’organiser efficacement que dans le cadre de la Nation. Les partis ne peuvent pas être les seuls relais politiques ; les familles, les entreprises, les associations doivent être associées au destin politique national.

La France et sa (trop ?) grande générosité

Le cadre ne constituant pas une politique, le général Tauzin propose quatre grandes orientations pour redresser la France : forger une nouvelle unité nationale, libérer nos énergies économiques, refonder nos relations au monde et restaurer la puissance militaire de la France. Les intitulés de ces grands axes de travail parlant d’eux-même, intéressons-nous à ce qui est d’ores et déjà le problème le plus prégnant, l’immigration, et singulièrement l’immigration de culture extra-européenne. Constater la saturation de l’immigration en France est vu comme un délit (condamnable par la nouvelle loi sur le racisme et l’antisémitisme?), mais c’est une réalité.

Didier Tauzin souhaite s’appuyer sur l’Afrique en contribuant à son développement économique et sa pacification pour mettre un terme à l’arrivée massive d’immigrants n’ayant rien à perdre.

Ceux qui, associations subventionnées, héritiers des totalitarismes ouvriers et des Internationales, opportunistes terra-novaïsés, affirment que la France peut et doit accueillir tous les réfugiés et régulariser les sans-papiers ne s’engagent à rien, ils ne payeront pas. La générosité et la solidarité aux frais de la sueur et du travail des autres portent un nom : le racket. Mais qu’importe, la France esclavagiste et colonialiste est forcément coupable et raciste. Le droit à l’identité défendu bec et ongles pour les immigrés est refusé comme essentiellement criminel aux Français. Malheur au mâle blanc chrétien ! Didier Tauzin propose de faire une pause et de stopper l’immigration le temps de recréer une nation soudée (sans renvoyer au pays comme d’autres le souhaitent les Français de fraiche date d’origine extra-européenne). Peu suspect de racisme, son parcours et son action associative au Sénégal parlent pour lui, il constate d’une part la saturation visible dans les crises de l’identité française et de l’intégration ainsi que dans le vote Front national et le succès des sites de « réinformation », et d’autre part le cynisme criminel, hypocrite et déshonorant de l’immigration choisie, qui n’est rien de moins que le pillage des ressources humaines des pays d’origine. Didier Tauzin souhaite s’appuyer sur l’Afrique en contribuant à son développement économique et sa pacification pour mettre un terme à l’arrivée massive d’immigrants n’ayant rien à perdre. Pour cela, il propose la création d’une véritable Eurafrique composée de pays égaux et partenaires. Une immigration zéro ne m’apparait cependant pas réaliste, même si il faudra pour des raisons autant démographiques qu’économiques la réduire drastiquement. Je pense notamment à l’immigration étudiante, essentielle au rayonnement de la France et permettant des échanges universitaires gagnant/gagnant avec nos partenaires. Je suggère que la question de l’immigration et du développement soit traitée en partenariat avec les pays de la Francophonie qui le souhaitent, et notamment ceux issus de notre ancien empire colonial.

Avant de conclure, j’ajoute un dernier mot sur la question de l’école, dont le rôle doit être redéfini. L’école doit instruire et enseigner la culture française, commune à tout citoyen quelque soit son origine ou sa religion car garante de l’unité nationale. L’éducation relève de la famille. L’école n’a pas à se substituer à la famille en ce qui concerne l’éducation, et notamment l’éducation spirituelle ou religieuse qui est une liberté fondamentale de la famille et de l’individu. L’école totalitaire de Peillon et Vallaud-Belkacem visant à arracher par le bourrage de crâne les enfants à leur milieu familial est scandaleuse et antidémocratique. Elle n’est pas sans rappeler l’enseignement dans les pays communistes, de sinistre mémoire ou actualité. La volonté de création d’un « Homme nouveau » a conduit aux pires horreurs du Vingtième Siècle, à bon entendeur…

L’essai du général Tauzin se conclut sur une invitation à l’action. Il a créé une association à cette fin, France Terre d’espérance[3]. Je suis loin d’avoir tout abordé, mais j’invite à la lecture de cet essai stimulant qui donne à réfléchir sur notre devenir commun. Rebâtir la France fixe les bases d’un redressement durable de la France. L’auteur nous propose de nous souvenir de qui nous sommes pour mieux appréhender l’avenir avec modestie et confiance, au service de la France et de l’Homme. Fruit d’une personne qui n’a que des coups à prendre, de la caricature à la désinformation, cet essai mérite d’être versé au débat public, mais force est de constater que deux mois après sa publication, il n’est pas discuté sur les grands médias et dans les principaux organes de presse. Le général Tauzin est d’ailleurs parfaitement lucide à ce sujet : « Ce qui nous attend ? L’omerta bien sûr, la diabolisation, les calomnies, les lois liberticides de circonstance… ». Ce à quoi je ne peux me résigner, en ardent défenseur de la dispute civilisée et en citoyen amoureux de son pays, de sa culture et ouvert sur le monde.

 

[1] Entre autres, Christophe Guilluy, Laurent Bouvet, Philippe Némo, François-Xavier Bellamy.

[2] À ce sujet, les nouveaux programmes d’Histoire du collège sont proprement scandaleux. Les enseignements obligatoires sont l’islam et les tares françaises (esclavage, colonisation…) sous un jour moraliste décontextualisé et non scientifique à en juger par les intitulés. Voilà comment on détruit tout espoir d’intégration pour les personnes d’origine étrangère ou de culture extra-européenne. Voilà comment on se défausse de son incompétence, voire de son inconsistance politique en caressant quelques communautés définies par Terra Nova dans le sens du poil. J’ajoute, et c’est lié, que la loi sur le racisme et l’antisémitisme, qui rétablit le délit d’opinion, ce que personne ne relève et qui confirme que la France socialiste n’est plus qu’une démocratie de papier (racisme et antisémitisme sont des opinions contestables, profondément imbéciles pour dévoiler le fond de ma pensée, mais sauf à exercer un contrôle des pensées caractéristique des régimes totalitaires, elles doivent être libres d’expression et condamnées dans les actes), ne reconnaît pas de statut de victime aux chrétiens (ne parlons même pas des « de souche »), dont les lieux de cultes sont pourtant très largement plus profanés que ceux des autres religions, et notamment que ceux du judaïsme et de l’islam. Messieurs Valls, Cazeneuve et Hollande, et mesdames Taubira et Vallaud-Belkacem devront rendre compte à la Nation de leurs décisions et actes liberticides et inégaux (de fait, un chrétien vaudra moins en France qu’un juif ou un musulman à compter du vote de cette loi).

[3] http://www.france-terre-esperance.com

Le Librairtaire

Le Librairtaire

Historien de formation, Le Librairtaire vit à Cordicopolis. Bibliophage bibliophile, amateur de caves à cigares et à vins. http://librairtaire.fr/wordpress/